CONFÉRENCE NATIONALE - 4 JUIN 2016 Pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et en 1945

CONFÉRENCE NATIONALE - 4 JUIN 2016

Pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et en 1945

 

A l’issue de la conférence nationale de défense des conquêtes de 1936 et 1945, regroupant 1 800 participants, il est proposé de soumettre à la discussion des travailleurs, syndicalistes, militants politiques, jeunes, une plate-forme appuyée sur la défense de ces acquis qui constituent le socle de la défense de la classe ouvrière et de l’indépendance de ses organisations, aujourd’hui remise en cause dans ses fondements.

Pour élaborer cette plate-forme, pour maintenir les liens entre les participants à cette conférence, pour échanger les informations, il est proposé que se constituent autour des participants des comités de liaison et d’échange.

Cette plate-forme à élaborer, à préciser, à discuter collectivement, répond aux considérants qui suivent.

 

Au moment où nous tenons cette conférence nationale (4 juin), personne ne sait ce qui va se passer dans les jours qui viennent, à commencer par le gouvernement lui-même – dont les divisions s’étalent quotidiennement dans la presse. 

Durant ces trois derniers mois, la masse des travailleurs et des militants a déjoué les manoeuvres visant à lui faire lâcher prise dans la bataille qu’elle a engagée pour arracher le retrait de la loi El Khomri. 

Elle a rejeté le syndicalisme d’accompagnement de la CFDT. Elle a surmonté, un à un, les obstacles qui tentaient de s’opposer à son rassemblement. Elle a fait corps avec les organisations syndicales (CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires) qui exigeaient le retrait, alternant dans la durée : grèves, manifestations et blocages... et entraînant des milliers de jeunes et les organisations (Unef, Fidl, UNL). Elle a gagné le soutien de la grande majorité de la population (70 % selon les sondages). 

Et, aujourd’hui, les grèves continuent... Lorsqu’elles cessent dans un secteur, c’est pour repartir dans un autre, élargissant, chaque jour, le nombre de secteurs professionnels et de régions qui se sont engagés dans le mouvement. 

Les grèves et les manifestations continuent, faisant « tanguer » dangereusement ce gouvernement. 

La manifestation nationale appelée pour le 14 juin, à Paris, par CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires, UNEF, Fidl, va – de l’avis unanime des participants à la conférence nationale du 4 juin – exprimer sans équivoque et avec force le rejet des travailleurs, des militants et des citoyens, d’une loi qui concentre toute la politique destructrice du gouvernement Hollande- Valls-Macron. 

Ce 14 juin, un pas supplémentaire sera franchi dans la manifestation, au plan politique, de la cassure irrémédiable qui s’est opérée entre la majorité du peuple et un gouvernement, isolé, ne bénéficiant plus de l’appui unanime de ses troupes et réduit à l’arbitraire et aux expédients les plus réactionnaires des institutions de la Ve République (49-3). 

Il ne reste plus à ce gouvernement, pour se maintenir aux affaires, que le chantage au « vide » politique, à la menace de la droite et de l’extrême droite, et au chaos... 

Pour les travailleurs, il apparaît en revanche, chaque jour plus clairement, que la seule issue capable d’éviter le chaos et les aventures à ce pays réside désormais dans la capacité qu’ils se donneront d’imposer, dans l’unité de leurs organisations de classe, la volonté de l’immense majorité et de poursuivre leur action, quelle qu’en soit la forme, pour aller jusqu’à faire céder ce gouvernement. 

Ce qui donne force et cohésion depuis ces trois mois de mobilisation, ce qui donne à la masse des travailleurs une confiance nouvelle dans leurs propres forces...., c’est le refus de céder sur le mot d’ordre de retrait, formulé dans l’unité par les confédérations CGT et CGT-FO, et appuyé par la grande masse de la population. 

C’est là que se concentre toute la situation politique. L’exigence du retrait de la loi El Khomri cristallise le refus politique de toute une classe de renoncer à ses droits, au nom de la préservation de la compétitivité de l’économie nationale qui imposerait l’adaptation de tout le cadre réglementaire aux prétendues exigences de « l’économie du XXIe siècle » et à l’économie numérique, chère à Macron. Une économie qui se résume au retour au contrat de louage et à la transformation des salariés en véritables esclaves. 

L’ampleur qu’a prise la mobilisation pour exiger le retrait de cette loi est une confrontation qui prépare et annonce un choc. Elle annonce une confrontation entre la majorité de la population de ce pays et la politique de ce gouvernement aux ordres des grands monopoles impérialistes qui exigent (via le FMI, l’UE, l’OCDE et la Banque mondiale) qu’il aille jusqu’au bout de la liquidation qu’il a entreprise avec celle du Code du travail (dont les principales dispositions ont été intégrées dans la loi par la grève générale de 1936). 

Les grands groupes monopolistes s’emploient, au nom de la défense de leur marges, à accélérer la destruction des bases industrielles du pays (Alstom, Mittal, Total, Technip...). Ils exigent que soient démantelés et privatisés à leur profit les monopoles publics bâtis en 1945-1947 pour assurer le redémarrage de l’économie nationale et répondre aux besoins vitaux de la population au lendemain de la guerre. Ils exigent que soit « réorganisée » une agriculture débarrassée des exploitations familiales... et broyé tout ce qui subsistait de l’organisation républicaine du territoire basée sur l’indépendance des communes. 

Tous les travailleurs sont, dans la situation actuelle, confrontés à un problème crucial. 

Il leur est de plus en plus difficile, voire impossible, de compter sur les partis politiques qui traditionnellement sont censés les représenter politiquement. Pour certains de ces partis, installés au gouvernement, ils sont les instigateurs directs des pires plans réactionnaires. Pour d’autres, la question se pose : est-il possible de prétendre défendre les travailleurs, estil possible d’ouvrir la moindre perspective en restant encamisolés dans les institutions antidémocratiques de la Ve République ? Est-il possible de n’avoir comme seul horizon qu’une élection destinée à remettre son sort entre les mains d’un seul homme disposant d’une Constitution autorisant toutes les manoeuvres antidémocratiques ? Et ce, au moment où, instruits par l’expérience, des millions de citoyens s’abstiennent avec des taux de 70 % et rejettent les partis. 

Et si, dans cette situation, les travailleurs et les militants – quelles qu’aient été leurs origines politiques – ont, à juste titre, été poussés à se tourner vers les organisations syndicales pour se rassembler sur le terrain de la défense des acquis sociaux et politiques qui forment encore le socle de toutes les relations dans une société démocratique, il est évident que se pose désormais la question d’inscrire cette défense des conquêtes de 1936 et 1945 dans une perspective plus large. 

Le combat pour la préservation des droits collectifs des travailleurs opposée à « l’ubérisation » de la société, pour le rétablissement des monopoles publics bâtis au lendemain de la guerre, pour le rétablissement du financement public du logement et de l’aménagement du territoire, interdit par l’UE, pour le rétablissement de la souveraineté des communes, pour la défense de la Sécurité sociale de 1945, pour la défense de la laïcité..., constitue l’ébauche d’un programme susceptible de s’appuyer sur la mobilisation des masses, appuyées sur leurs syndicats de classe, pour ouvrir la voie à une issue politique conforme à leurs intérêts et à ceux de toute la société. 

Un programme qu’on appelait autrefois « le socialisme », abandonné par tous ceux qui s’en réclamaient encore il y a peu. 

La discussion des éléments d’une telle plate-forme, ou d’un manifeste, a commencé dans les réunions préparatoires à cette conférence nationale. Elle a commencé à trouver place dans la rubrique « Débats » ouverte, dans cet objectif, dans Informations ouvrières, hebdomadaire du POI et tribune libre de la lutte des classes. Elle s’est poursuivie tout au long de cette conférence. 

Des milliers de travailleurs, de militants, de cadres syndicaux, de jeunes, de représentants des exploitations familiales agricoles, des centaines d’élus qui ne peuvent accepter la « démocratie » du 49-3, quelles que soient les organisations politiques dont ils étaient membres il y a peu de temps ou qui en sont encore membres, sont prêts à s’inscrire dans cette démarche. Organisons-la ! 

Adressez vos propositions, vos informations à Informations ouvrières qui les fera circuler. 

Informations ouvrières, 87, rue du Faubourg-Saint-Denis, 75010 Paris, E-mail : informations-ouvrieres@fr.oleane.com 

Telecharge


mercredi 22 février 2017
par  POI National

Editorial Informations Ouvrières n°441

Inverser le cours des choses


Mercredi 22 février 2017

Le point de vue d’Elisabeth Narcy, membre du bureau national du POI

Inverser le cours des choses 

Le point de vue d’Elisabeth Narcy, membre du bureau national du POI

La Ve République n’a jamais connu une pire campagne présidentielle. Censée faire surgir un « homme providentiel » au-dessus des partis, l’élection présidentielle fait la preuve à chaque nouvel épisode de l’impasse de ce régime, poursuit la dislocation des partis et montre que ce n’est pas cette élection qui peut répondre aux questions qui assaillent les travailleurs, l’ensemble de la population. 

Pendant la crise politique, le capital maintient son objectif : continuer d’imposer ses exigences au gouvernement, au président élu, quels qu’ils soient. Cet objectif est toujours le même : la « baisse du coût du travail », c’est-à-dire le moins de limites à l’exploitation, la casse des acquis de la lutte ouvrière. C’est ce que le Livre bleu du Medef appelle « un droit social ubuesque », « une complexité érigée en système qui ferait rire si elle ne tuait pas en partie cette croissance économique tant attendue ». 

« Compétitivité », « croissance économique »… ce au nom de quoi il faut licencier, supprimer des emplois, bloquer les salaires, s’acharner à la destruction de la Sécurité sociale, des retraites, de tous les acquis sociaux. Ce langage, on le connaît : c’est celui du prétendu « intérêt général » selon lequel la lutte des classes n’existerait plus. Tous les arguments sont bons : l’économie numérique transforme le travail, chacun de nous va devenir « auto-entrepreneur » selon les uns, « auto-employé » selon d’autres, avec le même résultat : plus de garanties ni de droits collectifs, chacun seul devant une entreprise qui ne s’appelle plus « employeur » mais pressure quand même le travail. Les chauffeurs Uber, gagnant au bout du compte six euros l’heure, viennent d’en faire la démonstration… 

Il n’y aurait plus d’exploiteurs ni d’exploités ? Ceux qui détiennent les moyens de production auraient les mêmes intérêts que ceux qui leur vendent leur force de travail ? C’est ce que M. Gattaz et d’autres voudraient faire accroire. 

Mais chaque jour les grèves, les mouvements, petits ou grands, viennent démontrer le contraire. « On ne lâche rien », disent tous ceux qui se sont battus pendant cinq mois, avec leurs organisations, contre la loi El Khomri. Elle a été imposée, mais le combat pour son abrogation est toujours d’actualité. Le 7 mars, la grève nationale des hospitaliers à l’appel de leurs fédérations syndicales unies contre la loi Touraine est rejointe par de nombreux syndicats et fédérations qui entendent défendre le service public. Et il y a, partout en France, dans les entreprises, les services publics, les établissements scolaires, des grèves, des mouvements sur telle ou telle revendication, qui obtiennent des reculs. « Il y a aussi des victoires » disait une militante POI dans un récent numéro d’Informations ouvrières

C’est là-dessus que s’appuie la résistance concrète, quotidienne, sur l’unité et sur cette volonté de ne rien lâcher. Inverser le cours des choses ne signifie pas attendre un « grand soir », mais lutter pied à pied et faire de chaque revendication obtenue un point d’appui pour aller plus loin, avancer vers la mobilisation de millions de travailleurs avec leurs organisations qui seule peut renverser la situation. 

C’est le sens de la conférence nationale, le 25 mars, des délégués des comités de liaison et d’échanges : construire ensemble la solution, trouver ensemble l’issue politique dans la résistance et l’unité ouvrières. 

IO441

Editer les pages


Articles les plus récents

mercredi 15 février 2017
par  POI National

Editorial Informations Ouvrières n°440

Mercredi 15 février 2017 Le point de vue de Pierre Besse, membre du bureau national du POI
Incertitude
Le point de vue de Pierre Besse, membre du bureau national du POI
Dans le dernier numéro d’Informations ouvrières, en page 2, le rédacteur de l’article concluait sur les interrogations et (...)

vendredi 10 février 2017
par  poivitrolles

Bouches du Rhône : mercredi 25 janvier à la Maison du peuple de Gardanne, trente six militants, syndicalistes CGT, FO, militants politiques ou militants laïques, étaient réunis pour préparer la conférence nationale de délégués du 25 Mars.

Bouches du Rhône : mercredi 25 janvier à la Maison du peuple de Gardanne, trente six militants, syndicalistes CGT, FO, militants politiques ou militants laïques, étaient réunis pour préparer la conférence nationale de délégués du 25 Mars.
Le camarade qui a introduit la discussion a donné son point de (...)

mercredi 8 février 2017
par  POI National

Editorial Informations Ouvrières n°439

Le point de vue de Geoffrey Excoffon, membre du bureau national du POI
Du pas terrible au pathétique
Ce sera sans doute la présidentielle la plus catastrophique de toute l’histoire de la Ve République. Les primaires à droite et à gauche avaient déjà an - noncé que tout ne serait pas simple. (...)

mercredi 1er février 2017
par  POI National

Editorial Informations Ouvrières n°438

Le point de vue d’Emmanuelle Perrière, membre du bureau national du POI “I
Deux camps s’opposent
Le point de vue d’Emmanuelle Perrière, membre du bureau national du POI “
Hollande se refait une santé », titre le quotidien Centre Presse au lendemain de la visite du président de la République au CHU (...)

mercredi 25 janvier 2017
par  POI National

Editorial Informations Ouvrières n°437

Le point de vue de Fabrice Rastoul,
membre du bureau national du POI L’

mercredi 18 janvier 2017
par  POI National

Informations Ouvrières n°436

Le point de vue de Christian Lacroix,
membre du bureau national du POI

mercredi 11 janvier 2017
par  POI National

Informations Ouvrières n°435

Le point de vue de Jean-Simon Bitter,
membre du bureau national du POI

mercredi 4 janvier 2017
par  POI National

Editorial Informations Ouvrières n°434

Le Point de vue d’Aminda Huille.
Membre du bureau national

mercredi 21 décembre 2016
par  poivitrolles

Editorial Informations Ouvrières n°433

La confiance en notre classe
Le point de vue de Bruno Bernardin,
membre du bureau national du POI

lundi 19 décembre 2016
par  poivitrolles

Débattre et s’organiser pour la défense des conquêtes sociales

Après Cameron en Grande-Bretagne, Sarkozy, Juppé, et Hollande en France, c’est au tour de Renzi en Italie. Le coup de balai continue

Albums les plus récents

Agenda

<<

2017

 

<<

Février

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728     
Aucun évènement à venir les 12 prochains mois