Informations Ouvrières n°558

Édouard Philippe lance « l’acte II du quinquennat »
mercredi 19 juin 2019
par  POI National
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Édouard Philippe lance « l’acte II du quinquennat »

Le 12 juin, le Premier ministre a prononcé son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale. Après six mois de paralysie imposés par le surgissement des Gilets jaunes, l’exécutif veut reprendre ses contre-réformes et lancer l’acte II du quinquennat. Édouard Philippe annonce d’abord la réforme dynamitant l’assurance chômage. Il confirme celle visant à en finir avec cet acquis majeur arraché par la classe ouvrière en 1945 : les retraites.
Mais ces annonces à peine effectuées, l’inquiétude s’exprime. Le quotidien Les Échos, porte-parole des intérêts du capital, conclut ainsi son éditorial du 13 juin : « Édouard Philippe fait comme si la crise des Gilets jaunes n’avait pas eu lieu. Quelle est l’acceptabilité sociale de ces réformes, comment les faire passer dans une opinion qui s’est montrée si réactive il y a encore six mois ? La question reste entière. »

« L’ordre public social », selon Macron

Pour ce qui est de la méthode, Emmanuel Macron a donné la réponse. En déplacement à Genève pour le sommet de l’Organisation internationale du travail (OIT), il a appelé de ses vœux un « ordre public social ». Il faut dire qu’avec des milliers de blessés, des centaines de mutilés, plus de dix mille arrestations en sept mois, l’ordre, il s’y connaît. L’ordre selon Macron c’est aussi, bien sûr – et c’est d’ailleurs parfaitement compatible –, le prétendu « dialogue social », les concertations sur tous les dossiers pour s’assurer le concours des organisations syndicales, pour en faire des courroies de transmission. Et il faut dire que son discours avait été précédé d’un entretien avec la quasi-totalité des dirigeants des confédérations, qui n’avaient rien trouvé à redire, bien au contraire, à ce programme d’inspiration corporatiste, totalement antidémocratique.
Tirer un trait sur toutes les conquêtes sociales de la classe ouvrière avec un chef de l’État à peine à plus de 10 % des électeurs inscrits, dans un pays qui a été traversé par la révolte des Gilets jaunes, constitue un cocktail pour le moins explosif.

Une colère qui n’a fait que s’approfondir

Toute la colère qui a éclaté il y a six mois avec le surgissement des Gilets jaunes n’a fait que s’approfondir. Ce qui s’est exprimé avec cette révolte, ce mouvement venu d’en bas cherchant à contourner les obstacles des directions du mouvement ouvrier, trouve son prolongement et nourrit la grève des urgences. La grève est partie par en bas, les personnels voulant contrôler leur propre mouvement ont élu leurs délégués, constitué un comité national de grève, entraîné leurs syndicats bien souvent malgré les directions. Une marque que l’on retrouve dans plusieurs conflits partiels au même moment.
Aider à regrouper ces centaines et centaines de militants ouvriers, de travailleurs qui cherchent les moyens de s’organiser sur le terrain de la préparation de l’action de classe, pour balayer les obstacles, c’est l’objet des discussions qui se mènent dans les comités de résistance et de reconquête.

IO558 

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